Le frémissement mécanique est pareil aux sinistres incantations des sirènes, auxquelles je sais devoir résister tandis que ma volonté s'évapore au feu de l'irrepressible désir. Les monstres me regardent, leurs griffes acérées semblent frôler mon épiderme et je ne dois mon salut qu'aux ultimes défenseurs de la Bastille qu'est ma raison. Ils ont des yeux comme des fusils, leurs corps sont des pièges à loup et leurs âmes féroces me jettent dans l'arène. Mille gladiateurs enfermés dans le métal bleuâtre, insolents et terribles.Je doute même de la dernière fleur à avoir percé la fange, j'ai peur de mon plus fidèle compagnon, et votre simple vue me fait défaillir. Mon esprit infesté de parasites ne suffit pas à ouvrir les portes célestes, et je me heurte aux verrous solaires en hurlant. Laissez-moi tranquille, laissez-moi seul mais ne m'abandonnez pas, serrez-moi dans vos bras mais cachez ces serres de vautour qui transpercent les chairs de l'innocent. Ailleurs, l'infini est ailleurs, la mèche s'enflamme et propulse vos regards loin de mon corps fragile. Je ne suis qu'un enfant, un pauvre gosse à qui vous inventez des crimes. La cendre s'est enfoncée dans les rouages de l'horloge et l'esprit écarte la brume Je peux cueillir la fleur, car je sais désormais que ses épines ne sont pas vénéneuses. Les monstres ont détourné le regard, et l'oxygène est de nouveau brûlant.
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