"泣いて, 壊れて, 笑って..."
Lorsque tu griffes mon épiderme de ton regard, il est évident que tu attends quelque chose. Une réaction, un vague sursaut de mes paupières, une déformation hideuse de mes lèvres. Explique-moi, s’il te plait. On m’a dit de rire, je me suis exécuté jusqu’à m’en briser les côtes, et je les ai regardées flotter au loin, sans jamais cesser de m’esclaffer. On ne m’a pas dit d’arrêter, je ne sais pas, je n’en sais rien, le spectacle d’un cadavre naviguant comme un navire est peut-être drôle, c’est quelque chose que l’on ne m’a jamais appris.
Lorsque tu m’as dit que tu ne m’aimais plus, que tu ne m’aimais pas, que tu l’aimais elle, on m’a réconforté. Tout le monde me disait qu’il ne fallait pas que je sois malheureux, que j’allais surmonter l’épreuve et que j’en sortirais plus fort, ce genre de conneries. J’en ai déduit qu’il fallait que je sois triste, c’était l’attitude normale à adopter. Alors j’ai pleuré, parce que l’on m’a dit de le faire, jusqu’à ce qu’un amas grisâtre s’échappe de mes yeux comme un geyser, et que je glisse dessus en m’effondrant sous le regard du monde. Ils ont ri, alors j’ai fait comme eux. Je ne sais pas, on ne m’a jamais expliqué. Que je rie ou que je pleure, c’est la même chose au fond, ce n’est rien d’autre qu’une bulle de savon prenant la forme désirée.
On m’a montré du bout du doigt un enfant décharné qui mourait de faim, des prisonniers politiques qu’on trainait à la tombe, des animaux qu’on dépeçait vivants, la couche de fumée sur les usines, etc. C’est mal, c’est mal, c’est mal. D’accord. Puis, on m’a montré un gosse obèse dans la Ferrari de son père, des hommes politiques véreux que personne ne faisait taire, des insectes transportant des maladies, etc. Il parait que ça aussi, c’est mal. Je ne comprends plus les paradoxes, je ne comprends plus rien à ce que l’on m’explique. De toute façon, au fond, rien ne change. C’est toujours aussi blanc et lisse.
Tout à l’heure, j’ai vu quelqu’un que je ne connaissais pas. Elle avait des cheveux longs, bouclés, un visage fin, des yeux en amande qui faisaient mal aux miens, parce qu’il y avait trop de vie dedans. Personne ne m’a dit qu’elle était belle, on ne me l’a pas appris, mais je le savais pourtant. C’était étrange, nouveau, choquant presque. Ses lèvres qui se déformaient d’une si jolie manière, ses paupières qui tombaient à intervalle régulier, et chacune de ses inspiration, si différente de la précédente. Il m’en fallait encore, rien qu’une petite dose, rien qu’une injection. Elle était belle, vraiment, j’en étais presque sûr. Son parfum s’est enfoncé comme une clé dans une serrure rouillée, puis elle a disparu, laissant foule de sensation se déverser sans barrage sur mon corps, mon esprit.
Au fond, c’est gris, c’est le chaos.
On a remit des piles dans l’horloge,
On a frappé trois coups sur le plancher.
Je vais pleurer, je vais m’effondrer, je vais rire.
Rideau.
Une machine de chair, de sang,
Une cervelle aux piles inépuisables,
De l’âme vierge, encore à sculpter.
C’est ainsi que je suis né.
Lorsque tu griffes mon épiderme de ton regard, il est évident que tu attends quelque chose. Une réaction, un vague sursaut de mes paupières, une déformation hideuse de mes lèvres. Explique-moi, s’il te plait. On m’a dit de rire, je me suis exécuté jusqu’à m’en briser les côtes, et je les ai regardées flotter au loin, sans jamais cesser de m’esclaffer. On ne m’a pas dit d’arrêter, je ne sais pas, je n’en sais rien, le spectacle d’un cadavre naviguant comme un navire est peut-être drôle, c’est quelque chose que l’on ne m’a jamais appris.
Lorsque tu m’as dit que tu ne m’aimais plus, que tu ne m’aimais pas, que tu l’aimais elle, on m’a réconforté. Tout le monde me disait qu’il ne fallait pas que je sois malheureux, que j’allais surmonter l’épreuve et que j’en sortirais plus fort, ce genre de conneries. J’en ai déduit qu’il fallait que je sois triste, c’était l’attitude normale à adopter. Alors j’ai pleuré, parce que l’on m’a dit de le faire, jusqu’à ce qu’un amas grisâtre s’échappe de mes yeux comme un geyser, et que je glisse dessus en m’effondrant sous le regard du monde. Ils ont ri, alors j’ai fait comme eux. Je ne sais pas, on ne m’a jamais expliqué. Que je rie ou que je pleure, c’est la même chose au fond, ce n’est rien d’autre qu’une bulle de savon prenant la forme désirée.
On m’a montré du bout du doigt un enfant décharné qui mourait de faim, des prisonniers politiques qu’on trainait à la tombe, des animaux qu’on dépeçait vivants, la couche de fumée sur les usines, etc. C’est mal, c’est mal, c’est mal. D’accord. Puis, on m’a montré un gosse obèse dans la Ferrari de son père, des hommes politiques véreux que personne ne faisait taire, des insectes transportant des maladies, etc. Il parait que ça aussi, c’est mal. Je ne comprends plus les paradoxes, je ne comprends plus rien à ce que l’on m’explique. De toute façon, au fond, rien ne change. C’est toujours aussi blanc et lisse.
Tout à l’heure, j’ai vu quelqu’un que je ne connaissais pas. Elle avait des cheveux longs, bouclés, un visage fin, des yeux en amande qui faisaient mal aux miens, parce qu’il y avait trop de vie dedans. Personne ne m’a dit qu’elle était belle, on ne me l’a pas appris, mais je le savais pourtant. C’était étrange, nouveau, choquant presque. Ses lèvres qui se déformaient d’une si jolie manière, ses paupières qui tombaient à intervalle régulier, et chacune de ses inspiration, si différente de la précédente. Il m’en fallait encore, rien qu’une petite dose, rien qu’une injection. Elle était belle, vraiment, j’en étais presque sûr. Son parfum s’est enfoncé comme une clé dans une serrure rouillée, puis elle a disparu, laissant foule de sensation se déverser sans barrage sur mon corps, mon esprit.
Au fond, c’est gris, c’est le chaos.
On a remit des piles dans l’horloge,
On a frappé trois coups sur le plancher.
Je vais pleurer, je vais m’effondrer, je vais rire.
Rideau.



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