vendredi 17 juillet 2009

L'enfant.

Mille cicatrices jurant sur sa peau d'albâtre,
Résultat d'une vie de souffrances et d'horions,
Un gosse qui pour survivre a apprit à se battre,
Injures et coups furent sa seule éducation.

Ses yeux sans candeur sont devenus incandescents,
Et son corps fragile ne ressent plus la douleur.
Lorsqu'il pose sur vous son beau regard, insolent,
Il détruit de sa haine votre triste bonheur.

Il peut être guerrier, batard ou orphelin,
Tantôt seul, abandonné, tantôt l'arme à la main,
Il à l'âme d'un vieux, et le corps d'un gamin.

Ses pupilles sont sauvages, comme un chien errant,
Son air si farouche, pour un visage d'enfant!
Que je me tuerais pour le voir rire,
Juste un instant.

jeudi 16 juillet 2009

Nuit Parisienne.

Lorsque la nuit étend son voile d'obsidienne,
Et que je ne dors pas, même accablé de sommeil,
La fenêtre ouverte sur les rues parisiennes,
Je fixe les lumières comme mille soleils.

On entend de temps à autres les cris des voyous,
Coursés par la police tous ont le coeur brûlant,
Et quelques amis qui chantent, complètement saoûls,
Et parfois les murmures de timides amants...

La ville ne dort jamais, brillant de mille feux,
la jeunesse danse et ne pense pas à demain,
Dans quelques années, nous seront devenus vieux,
Et je veux mourir sans regrets, alors prend ma main!

Les bruits, les couleurs, les éphémères passions,
Oniriques et enflammées, que les nuits sont belles!
Et pourtant, mon Dieu, je me pose une question,
Pourquoi plus une étoile n'éclaire notre ciel?

vendredi 3 juillet 2009

À une prostituée.

C'était une nuit d'automne, au coeur de Paris,
Dans une triste rue aux macabres lumières,
Qu'aucun passant n'animait, ni le moindre bruit,
Une flasque à la main, je chantais ma misère.

Errant devant un bar depuis des siècles clos,
Je l'entendis murmurer d'une voix timide,
Qui aurait fait fondre le pire des salauds,
Et tomber l'averse dans les déserts arides!

« Bonsoir monsieur, qu'y a-t-il pour votre plaisir? »
Me demanda la pute, une moue crispée.
Mon air ébahi la fit éclater de rire,
Et mon âme d'alcoolique était envoutée.

Par ses cheveux d'or pur et son regard mutin,
Ses yeux comme du cristal, et son corps si fin!
À peine masqué par ses habits de catin,
À elle plus seyants que la soie et le lin.

« Pour mon plaisir, madame, il y a fort à faire,
J'aimerais vous libérer de votre misère,
Partir avec vous, votre main dans la mienne,
Vous montrer mon royaume et vous en faire reine.

Et aussi vous offrir de somptueux bijous!
Des souliers, des robes et tout ce que vous voudrez.
Que votre corps de déesse, ainsi sublimé,
Rayonne, et tous ne parleront plus que de vous. »

C'est ce que j'aurais aimé vous dire, mon ange,
Hélas, je ne suis qu'un bon a rien sans le sou
Las de se traîner jour après jour dans la fange,
Et qui rêve bien trop souvent lorsqu'il est saoûl!

$ocial Riot

Le roi nous a parlé, comme a des abrutis,
Il veut notre fric, pour notre bien paraît-il,
C'est la crise, on doit relancer l'économie,
Mec, le peuple de France n'est pas si débile.

Le pape nous a parlé, depuis le moyen-âge,
Il nous a ressorti ses dogmes de fossile,
Qu'on ne baiserait plus, qu'on devrait rester sages,
Mec, tuer l'amour ne sera pas si facile.

Et ces médias qui nous mènent à l'abattoir,
Ces banquiers qui nous propulsent sur le trottoir,
Ces hommes politiques assoiffés de pouvoir.
La jeunesse, les mecs, ne se fera plus avoir.

On a bouffé nos utopies, volé nos rêves,
On a brûlé nos racines, pompé notre sève.
Mes amis, mes frères, il est temps de se lever,
Pour ne jamais plus vivre pieds et poings liés.