jeudi 21 mai 2009

Inéquation.

[Tentative de changement de registre. À chier, je persiste.]

Il y a quelques jours de cela, au cours de l'une de mes errances quotidienne, un bien triste spectacle s'offrit à moi. Je me trouvais tranquillement assit dans un parc, tandis que le soleil couchant teignait tout l'horizon de sang et de lumière, et profitais de l'air pur qu'offre la lointaine banlieue parisienne, à des lieues des miasmes grisâtres de la ville-lumière. C'était l'un de ces moments de paix que l'on ne connaît que rarement l'an, lorsque la machine cérébrale ralentit son activité frénétique, et qu'un simple coucher de soleil étend son voile paisible sur les regrets et les angoisses.

Lorsque, soudain, un cri terrible et des pleurs violents troublèrent ma sérénité. Non loin de moi, au beau milieu d'un escalier menant à l'un des innombrables jardins du parc, un enfant gisait allongé, ses yeux déversant quantité de larmes, sans doute plus dues à la surprise qu'à la douleur. Il avait glissé, et s'était éraflé le genou dans sa chute. Encore innocent des douleurs bien plus terribles que réserve la vie, le gamin semblait au bord du désespoir. Immédiatement, une petite fille au visage rond et aux grands yeux noirs qui devait être son amie se précipita vers lui en tendant une main secourable à son camarade blessé. Celui-lui l'attrapa, et se releva en gémissant sous les encouragements et les consolations de la petite fille.

Comme toutes les douleurs d'enfant, celle-ci passa bien vite, et quelques minutes plus tard les deux petites créatures jouaient à se courir après autour des arbres, se lançant des feuilles mortes et riant à gorge déployée. Le second drame de la journée survint quelques temps plus tard alors que, terreur suprême! Une guêpe d'une taille fort respectable entreprit de tourner autour de la petite fille, qui tremblait comme une branche trop frêle sous la brise. Lorsque le monstre se posa dans son cou pâle, la pauvre enfant cria et éclata en de bruyants sanglots. Le petit garçon qui regardait la scène sans bouger partit d'un rire peu charitable.

Cette anecdote me semble assez bien résumer toute l'histoire des relations sociales. Un rapport de force constant, ou le désespoir de l'autre est une marque de supériorité pour soi. La pitié est une faiblesse que l'on ne peut s'accorder qu'en étant sûr de blesser ensuite. Tranche la main qui t'as secourue et rit, mon enfant, lorsque les autres chuteront devant toi.