Après cent ans passés, je vais enfin mourir.
Allongé dans mon lit, un rictus satisfait,
Je prends le temps de contempler mes souvenirs,
Ressasser avec fierté tout ce que j'ai fait.
Durant des années, j'ai couru après l'argent,
Des milliards qui bientôt seront à mes enfants,
J'ai piétiné, trompé, mentit, vaincu enfin,
Pour quelques sous dont je n'ai profité en rien.
Des femmes m'aimèrent à en perdre la raison,
D'elles je ne garde qu'un souvenir lointain,
J'ai oublié pour la plupart jusqu'à leur nom.
J'ai perdu des amis pour des futilités,
Du monde si vaste je n'ai connu que moi,
Je ne veux plus mourir. Pas sans avoir été.



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